
De nombreuses patientes me demandent si l’adénomyose les empêchera de devenir mères. L’expression adénomyose et grossesse évoque à la fois un projet familial et la crainte des complications. Nous passons en revue les mécanismes de la pathologie, les bilans adaptés et les traitements qui préservent la fertilité. Vous trouverez enfin des conseils pratiques pour discuter sereinement avec votre équipe soignante.
L’adénomyose correspond à la présence de tissu endométrial à l’intérieur du muscle utérin. Cette invasion provoque des contractions anarchiques, des douleurs pelviennes et parfois des règles très abondantes. Seules certaines formes d'adénomyose peuvent géner l’implantation d’un embryon.
Cette pathologie s’apparente à l’endométriose mais touche spécifiquement le myomètre. Les études récentes montrent que 20 à 30 % des patientes infertiles présentent une adénomyose diffuse. À cause de l’inflammation chronique, la vascularisation se perturbe et la stimulation hormonale des ovaires dérègle l'utérus.
Lorsque l’on évoque adénomyose et grossesse, il faut distinguer la conception naturelle et les parcours médicaux assistés. Certaines patientes tombent enceintes spontanément, mais la pathologie augmente modérément le risque de fausse couche précoce. Les spécialistes recommandent donc un suivi rapproché durant le premier trimestre.
L’inflammation peut empêcher l’embryon de s’implanter correctement, surtout si l’adénomyose est diffuse, ou nodulaire ou cryptique. Des études japonaises montrent aussi une augmentation du risque d’hémorragie du post-partum.
Les spécialistes prescrivent parfois des antispasmodiques durant le premier trimestre pour stabiliser le myomètre. Cette précaution réduit les contractions précoces et améliore la vascularisation. Dans les grossesses considérées à risque, une surveillance en unité de grossesse à haut risque est proposée afin d’anticiper chaque complication.

Un diagnostic précis est indispensable avant d’entamer un projet parental. L’échographie pelvienne reste l’examen de première intention car elle repère les irrégularités du myomètre. Lorsque le doute persiste, l’IRM pelvienne apporte une cartographie fine des lésions et recherche une endométriose associée.
Les médecins complètent ce bilan par des dosages hormonaux et une analyse de la réserve ovarienne. Un test de perméabilité tubaire peut aussi être proposé pour écarter un obstacle mécanique. Enfin, le spécialiste de la fertilité discute avec la patiente des symptômes quotidiens et de l’impact sur la qualité de vie.
Il ne faut pas hésiter à demander un deuxième avis si les douleurs pelviennes sont intenses ou si le diagnostic reste incertain. Les associations de patientes recommandent de consigner chaque symptôme dans un journal afin de guider la consultation.
Le bilan inclut aussi la fertilité du partenaire par un spermogramme afin de disposer d’une vision complète du couple afin de vérifier la mobilité et la concentration des spermatozoïdes. Cette étape évite d’attribuer l’infertilité uniquement à la femme.
La prise en charge dépend de l’âge, du projet familial et de l’intensité des symptômes. Les traitements hormonaux comme la pilule en continu réduisent l’inflammation et préparent l'endomètre dans les cycles de pré PMA. Les femmes qui envisagent une fécondation in vitro bénéficient d’un protocole adapté pour synchroniser les ovaires et l’endomètre.
La chirurgie conservatrice peut être discutée, mais elle reste exceptionnelle dans le cadre de la préparation de l'endomètre pour retirer les foyers les plus actifs tout en préservant l’utérus. Les femmes qui envisagent une fécondation in vitro bénéficient d’un protocole adapté pour synchroniser les ovaires et l’endomètre.
Pour approfondir chaque option, consultez notre page traitement de l’adénomyose. Elle détaille les médicaments disponibles, les gestes mini-invasifs et les approches complémentaires.
Les équipes de recherche évaluent aussi des techniques innovantes comme l’ultrason focalisé ou l’embolisation des artères utérines. Ces approches ciblent directement les foyers responsables et limitent les adénomyose complications. Discutez de ces alternatives avec votre gynécologue pour vérifier leur compatibilité avec votre projet parental.
Voici les approches les plus fréquentes proposées par les équipes spécialisées :
Avant la consultation, préparez une liste de questions pour optimiser le rendez-vous et éviter les oublis.

Les habitudes quotidiennes jouent un rôle complémentaire. Une alimentation anti-inflammatoire riche en oméga-3 et en fibres favorise un environnement hormonal plus stable. Il est utile d’ajouter des aliments riches en fer afin de compenser les pertes sanguines.
Les études sur l’adénomyose et fatigue suggèrent que l’activité physique douce améliore la circulation pelvienne. La marche rapide, le yoga ou la natation augmentent l’oxygénation des tissus sans déclencher de douleurs aiguës. Des exercices de respiration limitent aussi l’hyperactivité du système nerveux.
Travailler avec un kinésithérapeute spécialisé permet de relâcher les tensions lombaires ou abdominales. Les femmes mentionnent souvent une diminution des crampes après quelques séances. Il est également recommandé de structurer son sommeil pour prévenir les poussées inflammatoires nocturnes.
Un suivi nutritionnel professionnel aide également à prévenir l’adénomyose et la prise de poids liée à la sédentarité. Les diététiciennes spécialisées dans l’endométriose et l'adénomyose proposent des menus adaptés aux cycles et à la tolérance digestive. Elles ajustent les apports en fer, en vitamine C et en oméga-3 pour soutenir l’énergie.
De nombreuses patientes décrivent un regain d’espoir après avoir lu notre dossier adénomyose et fécondité.
N’oubliez pas de solliciter un soutien psychologique lorsque le stress devient envahissant. Les groupes de parole dédiés aux troubles de la fertilité offrent un espace sécurisé. Ils aident à préparer les rendez-vous médicaux et à dédramatiser les périodes de doute.
Claire, 34 ans, témoigne avoir retrouvé confiance après avoir partagé ses ressentis lors d’ateliers de relaxation. Elle combinait ces séances à des entretiens avec une sage-femme spécialisée pour ajuster son protocole. Son retour souligne l’importance de considérer le corps et les émotions comme un ensemble indissociable.

En résumé, adénomyose et grossesse peuvent coexister lorsque le diagnostic est précis et que l’accompagnement reste global. Il faut adopter des stratégies médicales et des gestes quotidiens adaptés pour optimiser les chances d’implantation. Entourez-vous d’une équipe pluridisciplinaire, documentez vos symptômes et osez poser des questions. Vous disposerez ainsi de repères solides pour avancer vers votre projet bébé.
Non. Elle complique parfois l’implantation embryonnaire mais un suivi personnalisé permet d’obtenir des grossesses évolutives dans de nombreux cas.
L’échographie pelvienne et l’IRM sont les examens de référence, complétés par un bilan hormonal et une exploration de la réserve ovarienne.
Les traitements hormonaux, la chirurgie conservatrice et la procréation assistée sont ajustés selon l’âge, la douleur et le projet parental.